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Quarta-feira, Novembro 14, 2007

Em dias de spleen

Há dias de spleen. Bons, pelo menos, para voltar a Baudelaire.


SPLEEN

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire, in Les Fleurs du Mal, Librairie Générale de France, 1972
Foto: Isabel Solano

Sábado, Julho 09, 2005

Charles Baudelaire

O velhinho Baudelaire e aquelas flores a que retorno vezes sem conta. Gosto de sentir o livro nas mãos, este devo tê-lo comprado para as aulas de Literatura Francesa de Urbano Tavares Rodrigues. Costumava ir aos alfarrabistas do Bairro Alto, mas não terá sido o caso. A "Légende des Siècles", Hugo, lembro-me eu bem de ter trazido dos alfarrabistas, 14 volumes pequeninos, sem data infelizmente, mas de um tempo em que uma colecção de 20 livros custava 5 francos.

Mas o Baudelaire. Este é um Le Livre de Poche assez récent, 1972, e traz na capa o lascivo Le Sommeil, de Courbet. E depois a dedicatória:

Au poète impeccable
Au parfait magicien ès lettres françaises
À mon ami très-cher et très-vénéré
Maître et ami
Théophile Gautier
Avec les sentiments
De la plus profonde humilité
Je dédie
Ces fleurs maladives
C. B.

Humilité. Humildade. Humilde. Ao poète impeccable, o dito poeta maldito.

Recolho um spleen cheio de anotações a lápis.


SPLEEN

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité.
— Désormais tu n'es plus, ô matière vivante!
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux;

Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.


Charles Baudelaire, in Les Fleurs du Mal, Le Livre de Poche, 1972